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Haïti-Peinture-Musique : Guiler Junior Mercier, l’image contraire au 12 janvier PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par fomdationmauricesixto.org   
Mardi, 24 Août 2010 16:17

Guiler Junior Mercier. Ce nom peut ne rien vous dire sur le champ, mais il sonne déjà très fort dans plusieurs petites Antilles telles : Antigua, Barbade, Surinam, Trinidad et Tobago. La raison ? Il y en a une pléiade. Guiler Junior est un jeune talentueux haïtien qui non seulement, veut à tout prix faire connaitre ses capacités artistiques de partout, mais cherche également à hisser le plus haut possible le drapeau haïtien. En effet, juste après le drame du 12 janvier, Guiler Junior a eu la chance de réaliser une tournée dans quelques petites Antilles où les gens ont été pour le moins surpris de ses potentiels comme de sa nationalité.

« D’après ce qu’on voit à la télévision sur Haïti, tu ne peux pas être Haïtien, tu en es en fait le contraire de ce que montrent les médias ». Cette déclaration des antillais, faite à l’égard de l’artiste peintre, musicien, chanteur et comédien lors de ses expositions, prestations sur scène ou participations à des émissions télévisées, a pour le moins frappé notre compatriote. C’est ainsi qu’il a pris la ferme décision de contribuer à changer cette image négative de sa patrie par le biais de ses multiples talents.


Présentation de l’artiste
Guiler Junior Mercier n’a que 23 ans. Il est l’ainé et fils unique d’une famille de quatre enfants. Ayant bouclé ses études secondaires en 2005, il a étudié la Télécommunication, puis appris la Jardinerie paysagiste. Grâce à sa seconde formation il a participé à des activités de reboisement et de sensibilisation sur la déforestation en compagnie d’une organisation de la place. Mais les rêves de Guiler Junior se retrouvent en réalité dans l’art, particulièrement dans la peinture, la musique et le théâtre. Il joue à la guitare et s’est surtout fait remarquer à travers des concerts dans le monde évangélique.

Ses débuts
Avant d’entamer la peinture, Guiler Junior a du passer par la calligraphie en l’an 1997, année au cours de laquelle il a suivi un séminaire sur cet art qui consiste à représenter les différents caractères d'une écriture dans une forme raffinée, élégante et ornée, afin de produire un effet très esthétique. Cette connaissance lui a valu l’emploi de calligraphe travaillant sur des diplômes pour plusieurs institutions en Haïti. En 2001, il réalisait déjà des diplômes universitaires. Dans son enfance, l’artiste essayait de dessiner des schémas pas forcément censés mais qui laissaient le sentiment d’un talent de peintre en stade embryonnaire. La véritable passion de peindre allait réellement surgir quand un voisin du calligraphe, Guy Désir, allait l’initier à la peinture. En effet, il suivit des cours prives avec ce peintre de renom.  Une deuxième dose allait lui être donnée par un autre seigneur du domaine, le peintre Yvanri Trocher

« Ils m’ont aidé avec une fougue inouïe au départ », a-t-il affirmé. Guiler Junior considère ces deux professeurs comme ses principaux modèles : le premier peint les paysages et le second est du genre surréaliste. Le mélange de ces deux styles donne naissance à celui de leur élève, bien qu’il pratique d’autres  styles  de peinture. Aujourd’hui, Guiler Junior peint sur des toiles comme sur des tissus.

Ses expositions en Haïti
En Haïti, sa première exposition a eu lieu en 2003 du côté de Casal et la deuxième en 2005 au Champs-de-Mars, à l’Auditorium de la Bible. Puis en 2006, 2007 et 2008, il a participé à la Journée internationale du Créole à la Faculté de Linguistique Appliquée. L’année suivante, il a exposé à Milot, au Cap-Haïtien (Nord). Toujours en 2009, il a spécialement présenté ses œuvres à des membres de la CARICOM qui étaient de passage en Haïti. C’est ainsi que l’un d’eux, ébloui par le talent de Guiler junior, l’a invité à mettre en exergue ses réalisations chez lui, à Barbade. Il a exposé pendant un mois (novembre 2009) pour l’Organisation du nom de « Barbados Youth Business Trust (BYBT) », avec laquelle il a suivi un séminaire sur l’entreprenariat sous l’égide de la Caribbean Supermarket Economy (CSME). Ce sera alors le lancement de sa première tournée antillaise.

Tournée antillaise après le séisme du 12 janvier
Après le tremblement de terre, un Sommet réservé aux jeunes Ambassadeurs des pays de la Caraïbes s’est tenu à Surinam. Quand les organisateurs ont appris que l’artiste peintre tant apprécié était  bel et bien en vie, ils l’ont fait une invitation spéciale, quoiqu’il n’était pas Ambassadeur. Guiler Junior s’est rendu là-bas du 22 janvier au 01 février sans peinture, ni maillot sur quoi peindre, mis à part quelques tableaux. Il a été gratifié de tout ce dont il avait besoin et en a profité pour faire la promotion d’Haïti alors que le pays venait d’être sévèrement frappé. Il a voulu tout faire pour démontrer que tout n’était pas perdu.

Depuis dans l’avion, Guiler Junior commençait à recevoir des présents des autres passagers, en raison du fait qu’il était un Haïtien qui voyageait après un drame national. Une fois arrivé à l’aéroport de Surinam, il se sentait déjà bienvenu : accueil chaleureux, interrogations, applaudissements. Et la liste n’est pas exhaustive. Le Président du Surinam l’a invité en personne à le rencontrer au Palais national avec qui il a eu un long entretien. « J’ai compris, malgré tout, la valeur qu’a Haïti aux yeux de ces gens qui se réfèrent toujours à l’aide historique combien importante dont leurs pays ont bénéficié de ce peuple aujourd’hui meurtri », a avoué Guiler Junior, précisant qu’il a continué de projeter une image différente, forte et prospère de sa patrie. Bref, une image qui va au-delà  du  12 janvier.

Avec sa guitare qui l’accompagne partout il a aussi  joué quelques partitions en chantant. Une kyrielle de gens n’ont pas pu cacher leur étonnement de découvrir autant de talents chez un Haïtien. « Pour eux je ne viens pas d’Haïti, mais ma présence et mes présentations leur ont permis d’avoir une autre conception de nous », s’est-il réjoui. En tout cas, Ils ont démontré un engouement farouche d’aider Haïti. Ils étaient visiblement touchés par l’événement. Et pour garder avec eux une part d’Haïti, ils ont acheté une grande partie de mes œuvres, qu’il s’agisse de peinture sur tissus ou de tableaux.

A Surinam, il va rencontrer une Trinidadienne qui, à son tour, lui a demandé de venir exposer chez elle également. Il a répondu oui sans réfléchir. Ainsi, il a débarqué à Trinidad et Tobago en février où il a pu exposer à plusieurs endroits différents dont à des Universités. Il y est resté pendant deux longs mois. L’Ambassadeur spontané de bonne volonté a même été à une école qui parlait de Jacques Roumain, et les élèves en ont profité pour lui poser quelques questions concernant Haïti.  « Pour eux, il n’existait pas d’Université en Haïti, c’est comme s’il n’y avait pas de vie chez nous », a-t-il rapporté, ajoutant qu’Ils ont été même surpris de voir que j’avais un téléphone cellulaire. « Il y a un travail à faire, nous en avons des richesses, de belles choses à présenter, à vendre. Il faut à tout prix changer cela », a-t-il plus loin exhorté.

Et enfin, le dernier pays caribéen en date qu’il a visité est Antigua grâce, encore une fois, au précieux concours de la CARICOM. Il y a suivi un séminaire sur les préventions de la drogue dans les milieux régionaux de la Caraïbe. Ce séminaire a réuni plus d’une cinquantaine de jeunes de tous les pays de la Caraïbe de différentes professions (Artistes, policiers, étudiants, journalistes, professeurs…). L’artiste a également eu l’opportunité de faire une mini-exposition de quelques dessins sur tissus.

Ainsi, Guiler Junior a vendu plus d’articles dans quatre petites Antilles qu’en Haïti. L’artiste a remarqué que les habitants des autres Antilles (Celles qu’il a visitées) ont une conception de l’art  très différente de celle des Haïtiens. « Il est vrai qu’un bon nombre de gens apprécient les œuvres artistiques de chez nous, mais pour la majorité ça reste là, en raison de leur situation financière précaire ils ne les achètent pas même s’ils en ont la volonté », a-t-il reconnu. A Trinidad, rapporte t-il, 10% des habitants ne travaillent pas, alors qu’il s’agit de l’un des plus grands soucis du gouvernement du pays. Ce qui a encore attiré l’attention du jeune talentueux, c’est l’enthousiasme dont font montre les jeunes de ces petites Antilles à apprendre, à aller à l’école, à prioriser l’éducation en général. « Ils se défoulent comme tout le monde et adorent s’amuser, par contre ils prennent tout aussi au sérieux leurs études », dit-il, précisant qu’il aimerait qu’ici on fasse pareil.

Ses projets
A cours terme : Guiler Junior est en train de Planifier une exposition de ses œuvres à Sainte Lucie en octobre prochain. Sur cette Petite Ile de 173 000 habitants, on parle l’Anglais et aussi le Créole. Ils célèbrent cette dernière langue le 10e mois de l’année comme en Haïti.

Il compte exposer également en janvier 2011 à Barbade, car les Barbadiens aiment beaucoup son travail. De concert avec d’autres artistes qu’il a rencontrés là-bas, il a décidé de réaliser cette activité le 12 janvier 2011. Ils organiseront aussi une conférence-débat et un espace de réflexion un an après le passage du séisme meurtrier en Haïti. L’idée est déjà présentée à BYBT. Entre temps, l’artiste peintre souhaite entrer en contact avec des instances haïtiennes pour renforcer le projet et offrir une inoubliable réalisation.

« C’est l’objectif que je me suis fixé en tant que jeune artiste haïtien : projeter une autre image d’Haïti ailleurs en commençant par notre entourage, les Antilles. Parce que nous valons nettement mieux  que ce qu’ils croient », a-t-il avoué, ajoutant que chaque petite chose, si infime qu’elle puisse être, mise dans le panier, fait un poids. Ceci l’a profondément marqué de constater combien notre image est négative dans la Caraïbe. « Si on a belle allure, ou si on est talentueux, on ne peut pas être Haïtien. Je veux contribuer à changer cela. Tous les haïtiens, surtout les  jeunes doivent contribuer à relever ce défi. Ce sera toujours une fierté pour moi de dire que je suis haïtien », a conclu Guiler Junior Mercier.

Léopold Ciné
Fondation Maurice A Sixto                


 


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Mise à jour le Mardi, 24 Août 2010 16:35
 
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