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Pourquoi une Fondation Maurice A. Sixto PDF Imprimer Envoyer
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FMAS - FMAS
Écrit par Fondation Maurice A. Sixto   
Mardi, 20 Avril 2010 18:50

A la fin des années 90, devant l’engouement  croissant du public haïtien pour le conteur Maurice  A. Sixto, et surtout pour ses œuvres, sa veuve, Madame M. Thérèse Sixto, puisqu’elle vivait aux USA, pensait fort au meilleur moyen d’en faciliter l’accès, en Haïti, a tous ceux qui étaient intéressés à puiser davantage dans ce havre de réflexions sur les tares et travers de la société haïtienne. C’est ainsi qu’une nièce de Mme. Sixto, ayant une longue expérience dans le social et qui en plus a  été très proche de Maurice qui la considérait comme sa fille, eut le privilège de devenir la dépositaire légale de ses œuvres. Trois ans plus tard, soit le 4 mai 2004, encouragée par plus d’un,  Madame Séjour lançait la Fondation  Maurice A. Sixto.

Mise en Contexte

En Haïti,  la littérature orale revêt une grande importance, compte tenu de la difficulté d’accès aux textes écrits par la majorité de la population. Cette littérature aborde tous les sujets  et peut contenir tous les genres. Bien plus que la littérature écrite, elle charrie avec elle tous les trésors de notre imagination populaire. Ceci explique entre autres le succès des œuvres du grand écrivain humoriste haïtien Maurice A SIXTO.

La tradition en Haïti est tenace et surtout celle qui veut toujours qu’on associe l’écrivain aux papiers imprimés. Il faudrait  bousculer ces préjugés et pousser plus en avant l’oralité en exploitant tous ses composants et la mettre à la portée de tous. Les chefs d’œuvres de notre littérature orale auraient du être mis de manière structurée au bénéfice de tous les haïtiens.

Dans ce contexte, il est nécessaire de potentialiser les œuvres de Maurice  A. Sixto dans toutes leurs dimensions car ces documents sonores ont une valeur pédagogique indéniable et analytique susceptibles d’être approfondis par toutes les couches de notre société.

Depuis son lancement le 4 mai 2004, qui est l’année de la commémoration du bicentenaire de l’indépendance d’Haïti et l’abolition de l’esclavage sur le territoire national, la Fondation se définit comme un espace d'analyse sociale et de réflexion sur nos pratiques internes, d'éducation populaire, de promotion authentique de jeunes artistes. Par ailleurs, et de façon assez large, la Fondation tient à travailler pour le renforcement d’une prise de conscience chez nos compatriotes sur les conditions infrahumaines des enfants, par l’intermédiaire de plaidoyer, ’interventions spécifiques et d’activités socio culturelles au sein même d’une société qui s’est redressée avec fracas contre l’esclavage.

Il faut toutefois signaler si besoin en est, qu’à travers l’œuvre de Maurice A. Sixto, se retrouve l’impact évident du néo-esclavagisme, de l’exploitation des différentes couches sociales du pays et de l’exclusion. Créer une fondation Maurice A. Sixto s’est rendre un hommage posthume à cet haïtien qui appartient à cette race d’hommes pour qui la liberté n’est pas un vain mot, mais aussi, pour qui l’amour, la justice  et le partage sont les conditions ultimes auxquelles toute l’humanité a droit de parvenir.

La Fondation Maurice A. SIXTO est à but non  lucratif et à caractère culturel. Elle est non confessionnelle et sans appartenance politique. Elle a pour objectif principal de mener des actions en vue de l'épanouissement éducatif, culturel et intellectuel de la jeunesse Haïtienne. Elle œuvre pour la création de bibliothèques et de centres de lecture tant à Port-au-Prince que dans les villes de province.

Gestion de la FMAS

La FMAS est gérée par un Conseil Administratif (CA) de 7 membres au sein duquel se trouve une coordination de trois (3) membres, dont le rôle est de travailler pour la mise sur pied des projets d'activités culturelles capables de promouvoir l'éducation haïtienne.

Principal but de la FMAS:

La Fondation Maurice A. SIXTO a pour principal but de travailler pour une nouvelle forme d'éducation adaptée à la réalité du pays, à sa culture, et à ses  valeurs. Il s`agit pour elle de trouver la façon de régénérer cette source dans laquelle la jeune génération devra puiser pour se façonner un destin meilleur que celui de ses aînés.

« Si l’on peut rire d’un défaut, c’est qu’il est à moitié corrigé »

Les contes de Maurice Sixto sont des outils d'une valeur indéniable pour ce qui est de comprendre la mentalité haïtienne et de saisir la complexité des dynamiques sociales qui déterminent l'avenir du pays. En ce 21ème siècle où Haïti est confrontée à de sérieux problèmes de communication, où plus que jamais ses ressources sont limitées, son environnement  se dégrade à un rythme vertigineux, la crise socioculturelle  va en s'accentuant, il devient impératif que les différents axes sur lesquels se reposent cette société trouvent une articulation de laquelle peut découler des actions convergentes vers la résolution des problèmes dont dépend notre survie même. Ainsi, quatre objectifs principaux sont élaborés  englobant:

1-    L'EDUCATION:

Cette rubrique est destinée surtout aux cadres et aux institutions de la société impliquée directement dans ce secteur. Nous savons fort bien de nos jours, qu'à cause des fissures qui fragilisent la famille haïtienne,cette dernière  est incapable de transmettre aux enfants ces principes fondamentaux qui doivent garantir la survie et l'évolution de notre société en pleine décadence. Explicités au travers de l'œuvre de Sixto, c'est surtout en terme culturel que le problème est posé, c'est-à-dire, c'est dans notre culture même que nous devons rechercher les causes profondes des pratiques abusives contre l'enfant dans notre société. Si on ignore les causes profondes du mal, on ne saurait prétendre le guérir. Telle est la justification de cette première démarche qui entend expliciter les causes historiques, psychologiques et sociologiques du problème.

C'est aussi en terme juridique que le problème est posé. L'homme, d'abord l'enfant, à sa naissance est doué de droits inaliénables, selon la déclaration universelle des droits de l'homme à laquelle Haïti souscrit. Par cet acte, elle s'est engagée à donner la chance à chacun de ses enfants comme ce devrait être le cas partout ailleurs, or tel n'est pas le témoignage de la domesticité juvénile encore pratiquée en milieu urbain, le trafic d'enfant, la prostitution infantile. Notre société doit apprendre à tenir ses promesses envers ses enfants, il est donc en notre devoir de renouveler ces promesses afin que chacun en soit imbu.

2- COMMUNICATION

Notre société est confrontée à de sérieux problèmes de communication qui se trouvent aggravé par notre système éducatif même. La majorité des "experts" du développement travaillant dans le pays ne comprennent pas, malheureusement, les mécanismes dans lesquels s'inscrit la communication en Haïti. Sixto, dans son œuvre intitulé: le jeune agronome a mis en relief  cette problématique qui à l'heure actuel, n'est pas le moindre des problèmes sollicitant notre attention.

Comprendre le langage de notre société, c'est connaître son histoire, ses coutumes, bref sa culture. Le problème est regardé sous différents plans, poser dans les différents secteurs et regarder sous ses différents aspects. Comprendre l'haïtien, c'est d'abord le découvrir, c'est ce que la fondation propose aux intéressés à cette rubrique.

3-    DROITS DU CITOYEN ET SURTOUT DE L’ENFANT

Quoiqu’Haïti soit signataire de nombreux traités et conventions internationaux visant la protection des droits de l’enfant, il n’empêche que, plus de quatre cent mille de ces derniers vivent en tant que restavèk dans les zones urbaines du pays en conséquence, dans la plupart des cas, des conditions socio-économiques défavorables qui ne cessent de se dégrader un peu partout dans le pays.

Certains observateurs pensent que dans 70% (soixante dix pour cent) des cas, ce sont des fillettes qui sont victimes de cette réalité. Cette situation déshumanisante est caractérisée par la réalisation de lourdes tâches domestiques dans des conditions où l’on inflige à l’enfant des souffrances autant physiques que morales. Il va s’en dire que dans ces conditions, le jeune individu est généralement privé de ses droits les plus fondamentaux et les plus élémentaires.

Le grand défi de la domesticité infantile réside principalement dans le fait que c’est un phénomène qui passe trop souvent pour « un fait normal ». Outre les situations extrêmes marquées par de grandes cruautés et de grandes souffrances morales qui leur sont infligées, le fait que des enfants soient chargées des tâches domestiques qui ne sont de leur âge, qu’ils n’aillent pas à l’école, qu’ils soient les premiers à se lever et les derniers à se coucher, n’interpellent pas toujours la conscience des gens, parfois même de ceux-là qui en d’autres occasions passent pour des personnes « sensibles » ou des défenseurs de droits de l’homme qui ne se rendent pas compte que ces enfants deviennent complices des kidnappeurs, violeurs et des voleurs et même des criminels. Ils  seront les citoyens de demain qui auront à gérer les affaires ce pays. Comment vont-ils pouvoir le faire ? Autant de questions qui interpellent notre conscience.

4- CULTURE


La richesse de notre culture ne fait plus de doute, malgré la déstructuration que connaît ce secteur en Haïti, il nous reste cependant un potentiel culturel valable sur lequel nous pouvons compter pour bâtir les fondations d’une société meilleure à tout point de vue : économique, social, artisanal, touristique.. Etc.

Trop souvent nous voyons l’haïtien décliné ses propres valeurs, les composants de sa propre identité. Toute la faiblesse de notre société, les sources de nos problèmes les plus cruciaux sont là. L ‘haïtien ignore presque tout de son patrimoine culturel, d’ailleurs il ne veut pas le connaître, une tendance qui s’aggrave avec la montée de la mondialisation. Le problème paraît presque insoluble : notre intérêt pour notre propre culture décroît en même temps que nos dernières ressources  conservées dans cette matrice agonisante, malgré nous à travers le temps, et qui pourtant sont les dernières vestiges de notre identité, disparaissent. Ces dernières ressources sont encore d’une étonnante richesse, et à travers ce paquet, la fondation se propose de faire connaître aux intéressés tout ce dont nous nous souvenons avoir eu dans notre patrimoine culturel, mais surtout ce qui reste et qui menace de disparaître nous ne réagissons pas rapidement.

C’est également dans cette section que nous envisageons la démarche identitaire, qui étudie les causes du rejet de l’haïtien de lui-même, de ses valeurs, de son destin. C’est le carrefour où se rencontre tous les grands problèmes auxquels nous sommes confrontés et dont  notre capacité à les cerner et à les résoudre déterminera notre avenir sur la planète en tant peuple souverain.  Après deux siècles d’histoire, nous risquons même de perdre notre illusion de souveraineté nationale.


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Mise à jour le Mardi, 27 Avril 2010 16:22
 
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