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Haïti-FMAS-PADF-Domesticité : Plus de 200 jeunes sensibilisés à Cité soleil PDF Imprimer Envoyer
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Droits Humains - Droit de l'Enfant
Écrit par Leopold Cine   
Mercredi, 13 Octobre 2010 21:29

A Cité soleil, le plus grand bidonville d’Haïti, plus de 200 jeunes ont pris part à la fin du mois de septembre, à une activité de sensibilisation sur la problématique de la domesticité infantile menée par la Fondation Maurice A Sixto (FMAS). Réflexions, analyses, aveux et dénonciations du système à Cité soleil sont, entre autres, les points qui ont marqué cette longue journée d’échanges.   

Cette commune située à l’entrée d’Haïti, -dont la vue est frappante pour ceux qui ont l’habitude de prendre l’avion-, est réputée pour ses gangs armés et sa misère accrue, n’empêche qu’assez souvent, elle sert de prétexte pour quémander des faveurs sur la scène internationale. Des photographes et documentaristes haïtiens et étrangers ont même atteint la célébrité grâce à leurs photos prises et documentaires réalisés à Cité soleil. Toutefois, dans ce bastion tant exploité par plus d’un pour des raisons diverses, vivent des gens assoiffés de justice, de changement social et de bien-être.

En effet, le 24 septembre dernier, au cours d’une-conférence-débat sur la situation lamentable des enfants « restavèk » haïtiens, des jeunes de Cité soleil n’ont pas pu cacher leur angoisse face à tout un ensemble de problème qu’ils confrontent quotidiennement, dont cette gangrène de domesticité qui ronge la société. « Nous sommes le plus souvent vus comme des hors-la-loi ou des exclus sociaux qui évoluent dans une zone de non-droit, mais nous avons nos qualités et nous sommes animés de volonté de changement positif », a expliqué, l’air assuré, un jeune homme qui a profité pour déplorer toute pratique de « restavèk » dans sa commune. « On trouve des cas ici aussi », a-t-il plus loin ajouté. 

Dans son intervention, la Coordonnatrice de la FMAS, Gertrude C Séjour a, quant à elle, salué le courage de ces jeunes qui se sont consacrés, malgré tout, à leur éducation tout en les exhortant à dénoncer ce phénomène de domesticité qui a empiré après le séisme du 12 janvier. « Vous êtes tout aussi concernés et vous devez vous impliquer dans la lutte contre toute forme d’injustice, de maltraitance et de violence sur les enfants, eux qui seront adultes demain. », a précisé Mme Séjour avant de les inviter à prendre part à un concours littéraire lancé par la FMAS sous le thème : « Quelle femme sera Ti Sentaniz en 2050 si rien n’est fait pour changer le système « restavèk » ? ». Les informations supplémentaires sur ce concours sont disponibles sur le site web de la FMAS : www.fondationmauricesixto.org.

Gerda Leroi s’est fait le plaisir d’enchainer avec la rubrique présentée généralement par la chanteuse Tifane (absente ce jour-là) en ce qui a trait au programme « Plis Kontwòl : Planifye, itilize, sansibilize » de la PSI Haïti dont Tifane est l’Ambassadrice itinérante. Ce moment de la conférence a vraiment retenu l’attention des participants. Toutefois, en ce qui concerne le téléphone bleu (100), certains ont affirmé n’avoir jamais eu l’occasion de communiquer avec quelqu’un, la ligne, disent-ils, est constamment occupée. L’officière de terrain a alors promis de faire passer le message aux personnalités concernées.  

Selon Cherly Régiste, l’éducatrice de la FMAS, la Fondation ne cesse de saisir les opportunités de sensibiliser la société haïtienne sur le respect des droits humains, en particulier des enfants et des femmes (secteur beaucoup plus vulnérable). En ce qui a trait au sort des enfants, l’éducatrice croit qu’il faut attaquer la question par la base. Elle a, en outre, souligné que les filles ont les mêmes droits que les garçons. Ces jeunes ont alors promis de continuer la lutte dans leur communauté de façon pacifique.

Il convient de rappeler que, du 5 juillet au 30 septembre 2010, la FMAS a organisé des séances de sensibilisation sur le contexte général de la domesticité infantile en Haïti et ses différentes causes, les impacts et le comportement à adopter pour faire face au système « restavèk ». Ce mouvement national a lieu dans plusieurs écoles et camps de fortune à Port-au-Prince, mais aussi dans plusieurs villes de provinces telles la Vallée de Jacmel, Petit-Goâve et Kenscoff. Cette campagne rentre dans le cadre du projet « Kore dwa moun » (Appuyer les droits humains) de la PADF qui est financé par l’USAID.

Léopold Ciné
Fondation Maurice A Sixto (FMAS)


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