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| Haïti-FMAS-Timkatec : Quatre cas de « Restavèk », quatre révoltantes histoires |
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| Droits Humains - Droit de l'Enfant |
| Écrit par fondationmauricesixto.org |
| Mardi, 21 Septembre 2010 19:53 |
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La Fondation Maurice A Sixto (FMAS) a effectué, à la fin du mois d’août, une visite à la Timkatec (Timoun Kap Teke Chans) à Pétion-Ville. Elle en a profité pour évaluer le travail qu’elle a permis à deux Belges de réaliser avec environ une trentaine de filles de TIMKATEC. Cette activité, d’ « Ecarlate La Compagnie », s’inscrit dans le cadre de la réalisation d’un journal documentaire sur la domesticité en Haïti dont l’histoire est projetée en 2050. Au cours des travaux d’atelier d’initiation au théâtre, la FMAS a interviewé plusieurs fillettes en domesticité. Elles n’ont pas pu cacher leur frustration, leur peur et leur angoisse. Toutefois, quatre cas de Restavèk, différents l’un de l’autre, ont surtout attiré l’attention. La soumise
La fugitive Si Adeline a décidé d’attendre l’aide de Dieu, ce n’est pas le cas pour Giovani Zamor, une adolescente de 17 ans. Elle était toute petite quand sa mère est devenue folle. Elle a du grandir chez sa tante qui la maltraitait tout le temps. Elle n’avait pas le droit à la parole ni de fréquenter l’école. Elle souffrait en silence et n’avait personne à qui se confier. « C’en était trop », a-t-elle dit un jour avant de prendre la fuite. Elle réalisa qu’elle avait besoin d’aller à l’école, d’être comme tous les autres enfants de son entourage. Alors, elle est allée s’installer chez sa marraine, dont elle a fini par trouver l’adresse suite à de longues recherches. « Je l’aime beaucoup ma marraine, c’est grâce à elle que je suis là aujourd’hui. Sans elle j’aurais été perdue », affirme t-elle. Giovani fréquente désormais l’école quoiqu’elle ait un petit problème de concentration en salle de classe. Souffrante d’anémie à cause des années vécues sans manger d’aliments consistants, elle a du récemment passer des mois sans pouvoir se rendre à l’école (à la Timkatec). « Cette maladie m’a surtout affaibli au niveau des deux jambes », précise-t-elle. Toutefois, chez sa marraine, elle est traitée comme tous les autres enfants de la maison. Elle veut être professeure pour apprendre à lire et à écrire à des enfants haïtiens. La révoltée Ce cas est rarement retracé, selon les responsables de Timkatec, mais existe quand même. Jésula Noel, 16 ans, en est un exemple. Elle n’a jamais connu son père. Sa mère, elle, vit à Jacmel (Sud-est). Jésula évolue depuis très longtemps avec un étranger (il n’est pas de sa famille) qui l’exigeait à tout faire dans la maison. Comme la majorité des « restavèks », elle devait se lever de très tôt pour aller chercher de l’eau, ensuite s’occuper de toutes les autres tâches de la maison. Jésula a avoué qu’elle était toujours mise à l’écart, qu’elle était battue par toutes les personnes qui vivaient sous ce toit. Les enfants de son âge l’insultaient, la tabassaient au même titre que les plus grands. Avec le temps, Jésula a fini par se rendre compte d’une chose : « Si je suis une personne comme les autres, je dois être traitée comme telle », a-t-elle fait comprendre. Ainsi, la petite a pris la courageuse décision de se faire respecter en commençant par prôner d’abord la répartition des tâches à accomplir. Bien-sûr, elle avait le support d’une adulte de la maison, la seule qui ne la frappait pas. Au départ, le combat fut difficile, elle payait le prix en passant des journées sans manger. Elle a fini tant bien que mal par atteindre son but. Aujourd’hui, elle se fond dans la famille. Maintenant, elle fréquente la Timkatec où elle apprend la couture. Le rêve de Jésula est de devenir infirmière ou ingénieure. La chassée Le dernier cas, et non le moindre, a été celui d’une ado de 13 ans. Kathiana Jean-Baptiste a peint sa réalité d’enfant perturbé et frustré à en faire pleurer. On pouvait ressentir le désespoir dans sa voix. Ici, c’est la mère qui maltraite sa propre fille. Insultes, propos indécents, injures, menaces de mort sont entre autres ce qui constitue généralement l’agenda quotidien de la vie de l’adolescente. Si la mère a un problème quelconque, c’est la fillette qui devait en payer les conséquences. Un jour, Kathiana devait aller chercher de l’eau pour la maison. Etant donné qu’elle n’en avait pas trouvé dans le quartier, elle a du se rendre beaucoup plus loin. Naturellement, elle est revenue plus tard que prévu. Son souci de ramener l’eau coûte que coûte à la maison lui a valu de préférence sa chasse de la maison par sa mère en personne. Larmes aux yeux, la petite Kathiana s’est rendue chez sa tante avec le paquet de vêtements que sa mère lui a donné. Son père vit à Thomassin et ne vient jamais la voir. Il s’occupe pourtant de ses enfants qu’il a eus avec d’autres femmes. A Timkatec, Kathiana se fait beaucoup d’amies avec qui elle joue et réalise des travaux. « Au moins ici je me sens bien », a-t-elle plus loin avoué. Elle veut devenir policière afin, dit-elle, de punir les personnes qui maltraitent les enfants. A la Timkatec, plusieurs filles sont en domesticité. Certains cas de maltraitance sont révélés très préoccupants, selon la Sr Gisèle Nérestant qui est de la fédération des Sœurs de la Charité de Saint Hiacinth (SCSH), une communauté canadienne. Elle est à la Timkatec pour aider, car son plus grand désir est de soutenir les plus pauvres. « Je me donne totalement aux plus démunis. Je suis venue aussi visiter les camps de fortune ». Ainsi, à la Timkatec 3, Sr Gisèle est responsable des cours dispensés, qu’il s’agisse de cours professionnels : couture, cuisine, ou de cours classiques. Dès octobre 2010, les trois premières années fondamentales seront disponibles à la Timkatec, et les enfants pourront ensuite continuer dans n’importe quelle autre école. Notons qu’il y a au total trois Timkatec, elles sont toutes fondées par le Père Antoine Simon : Timkatec 1 (15 ans d’existence) et 2 qui sont pour les garçons, et Timkatec 3, la benjamine, pour les filles (Octobre 2009). Aujourd’hui, la Timkatec travaille de concert avec d’autres institutions, telle la Fondation Maurice A Sixto, qui luttent contre le fléau de la domesticité en Haïti, un pays où le nombre d’enfants « Restavèk » sillonne les 300 000.
Léopold Ciné Fondation Maurice A Sixto
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| Mise à jour le Mardi, 21 Septembre 2010 20:54 |