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La Fondation Maurice A Sixto FMAS) a effectué le 30 juillet dernier une tournée à la Vallée de Jacmel (Département) dans le cadre de son projet de promotion d’une Haïti sans Restavèk. Ce projet, financé par la PADF, a été bien accueilli par des centaines de Valléens et Valléennes. Des réflexions, des conférences-débats, des distributions de cadeau et une manifestation culturelle sont entre autres activités qui ont marqué cette journée.
La FMAS a jugé stratégique de mener une telle activité un 30 juillet dans cette zone parce que cette date coïncide avec le centenaire de la Paroisse de la Vallée de Jacmel, une fête qui a réuni plusieurs centaines de personnes. Selon les habitants de la Vallée, une initiative de la sorte s’avère primordiale dans la société haïtienne d’aujourd’hui ou les enfants et les jeunes sont voués à eux-mêmes et dont les droits sont foulés aux pieds.
Quant a la Coordonnatrice générale de la FMAS, Gertrude C Séjour, le système Restavèk en Haïti constitue un crime, mais il n’est malheureusement pas perçu comme tel dans notre société, donc il est toléré. « Nous avons la mission de dresser et de présenter le tableau de cette pénible réalité avec les conséquences », a-t-elle souligné juste après une présentation de la Fondation, ses membres ainsi que ses partenaires. Selon les dernières statistiques, environs 500 000 enfants seraient en domesticité en Haïti. Un chiffre qui va en grandissant.
Mme Séjour en a profité pour faire comprendre aux habitants de la Vallée de Jacmel que le fait de remettre leurs enfants à des gens qui vivent à Port-au-Prince n’est pas la solution. « S’ils ne sont pas bien traités, vaut mieux les garder, sinon nous formons nos propres bourreaux », a-t-elle signalé, en mettant l’accent sur l’importance de dénoncer les maltraitances et abus des enfants.
L’aspect juridique de la problématique a été élaboré par l’éducatrice de la FMAS Cherly Régiste en faisant état des conventions internationales signées par la République d’Haïti mais qui ne sont pas appliquées dans la réalité, comme celle relative aux droits de l’enfant signée le 20 novembre 1989 par plus de 190 Etats dont Haïti qui l’a ratifiée 5 ans plus tard, soit en 1994. Mme Régiste a également présenté les lois haïtiennes liées au respect des droits humains qui sont elles aussi non-opérationnelles.
« Sensibilisez vos proches en promulguant le message et en adoptant le bon comportement a l’égard de son environnement et d’autrui, particulièrement des enfants. Ce sera un bon début pour combattre le fléau de la domesticité juvénile qui ronge la société » a exhorté l’éducatrice qui a perdu son fils unique lors du séisme du 12 janvier.
La chanteuse et sociologue Stéphanie Séjour (Tifane) a pour sa part intervenu au nom de la PSI Haïti, dont elle est l’ambassadrice du planning familial auprès des familles haïtiennes. Elle a mis l’accent sur l’importance d’une bonne planification socio-économique avant de décider de procréer. Selon l’artiste, l’éducation d’un enfant doit être faite par les deux parents et elle commence neuf mois avant sa naissance. « Le problème de la domesticité infantile est aussi lié au manque de contrôle du pouvoir de procréation », a-t-elle plus loin ajouté.
Pour couronner le tout, l’artiste a interprété une chanson tirée de son album « Anprent » intitulée « Sekrè a », un morceau qui a fait les délices du public qui bougeait, chantait avec Tifane. « Je compte sur vous tous pour faire passer tous les messages transmis aujourd’hui, le pays a besoin de citoyens concernés et positifs », a-t-elle lancé a la fin de sa prestation.
Notons que la FMAS a accordé une interview de plus d’une demi-heure lors d’une émission à la radio Fierté de la Vallée de Jacmel au cours de laquelle la philosophie de la fondation, ses réalisations, ses préoccupations et ses projets ont été présentés.
Ce programme de sensibilisation sur les droits des enfants devra se tenir dans plusieurs endroits de Port-au-Prince et dans des villes de province. Il rentre dans le cadre du projet « Kore dwa moun » mis sur pieds de la PADF.
Léopold Ciné Fondation Maurice A Sixto
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