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Maurice Sixto, vu par sa femme. PDF Imprimer Envoyer
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Biographie - Biographie
Écrit par fondationmauricesixto.org   
Mardi, 27 Avril 2010 16:15

Le succès des grands hommes du monde est, certainement, le fruit de beaucoup d’efforts, mais aussi le résultat des efforts de grandes dames, cachées dans leur entourage qui tirent sur les ficelles de leur destin, les encadrant comme une aura de mystère, apte a les faire briller sous les yeux avisés et curieux des générations présentes et à venir. Maurice Sixto, une figure qu’on ne présente plus, de part l’ampleur de ses œuvres, a été lui aussi épaulé par une grande, une femme qui sort de l’ordinaire, que nous tenons à vous présenter et qui a choisi volontiers de nous dévoiler certaines informations relatives à notre conteur national.

Nous sommes particulièrement fiers de vous accueillir sur nos plateaux et en Haïti. Qu’est-ce qui nous vaut l’honneur de cette visite en Haïti ?

Bonjour à vous et à tous les branches de Roroli. Je suis venue en Haïti pour rencontrer les jeunes. Vive la jeunesse !

 

Pouvez-vous nous faire le plaisir de vous présenter ?

Il m’est assez difficile de parler de moi-même, car j’ai toujours vécu à l’ombre de Maurice. Ca ne m’a jamais dérangé, je dois l’avouer, car c’est dans l’ombre que les cœurs causent !

J’ai pris naissance a Port-au-Prince, un beau matin d’été (18 juin 1931) tandis que le soleil brillaient de ses feux les plus vifs. Je ne dis pas mon âge, car une femme ne dit jamais tout ! Je suis le fruit du couple Ata Herard (Petite Rivière de L’Artibonite) et de Levy Torchon (Anse-a-veau). Deux départements différents, se rencontrant comme une équerre. C’est un mariage qui a fait beaucoup de bruit et qui a réunit toute la société haïtienne.

J’ai fréquenté la prestigieuse institution des sœurs du Sacré-Cœur de Turgeau, mais orpheline de mère des l’âge de six ans et turbulente, j’ai été placée a la pension ‘’La Sagesse’’. Peut-être, espéraient-ils m’inculquer un brin de sagesse ? Mais je doute fort, qu’ils m’en ont donnée assez !

A 18 ans, je voulais changer de vie, voila pourquoi j’ai mis un point final a ma vie de célibataire. J’ai épousé un officier de l’armée. C’était tôt, je l’avoue. La vie aux pas de soldats ne me convenait pas, j’ai déserté les rangs. Plus tard, un industriel, exportateur de sisal m’a conquis le cœur. Nous avons vécu heureux, mais certaines circonstances nous ont séparés.

A ce carrefour, j’ai décidé de changer d’environnement, j’ai laisse le pays pour le Canada, mais du au froid de l’Amérique du Nord, j’ai du me rendre en Afrique. J’ai atterri en République Démocratique du Congo et a l’aéroport j’ai été accueillie par une délégation, menée par Maurice Sixto, habille comme un véritable chef de tribu.

Fatiguée par un long voyage, je me suis jetée a son coup en laissant échapper de mes lèvres un ouf de soulagement… Les fonctionnaires de l’immigration ont cru que j’étais sa sœur et m’ont accordée sur le coup, le visa de résidence permanente. Peu de temps après, j’ai travaille dans un centre féminin ou l’on recevait les femmes des dignitaires de l’état qui n’avaient pas joui d’une bonne formation, en raison des ségrégations sexuelles,

Actuellement, que faites-vous ?

Je devrais me reposer surtout, mais je suis très active, j’apprends l’italien, je représente fort souvent mon église a travers le monde, particulièrement a Rome. Je bouge entre mes deux résidences de la Philadelphie et de la Cote d’Azur, a Nice. Je suis membre honoraire du centre culturel niçois.

Maurice est mort aux USA, donc, vous n’avez pas vécu toute votre vie en Afrique ?

Avec le soleil, la vue de Maurice s’est détériorée considérablement et j’ai insisté pour qu’il rencontre des médecins pouvant l’aider. On s’est rendus à Philadelphie pour rencontrer le Dr. René Ruiz qui nous a référés a son collègue Georges L. Spaeth. Il a subi deux interventions chirurgicales, mais il était déjà trop tard. Maurice créait en se recréant et moi j’enseignais. Chaque jour, quand je rentrais, j’étais le soleil de sa vie. Si en Afrique, nous n’étions pas des ‘’moun dele’’ (étrangers), ce fut le cas pour l’Amérique du nord.

Vous qui avez vécu aux cotes de Maurice, comment pouvez-vous le décrire ?

‘’Tous les soirs dans mon exil, je mets la tête sous mon oreiller et je pleure comme une femme pour n’avoir pas su défendre mon pays comme un homme.’’
Je répète ses paroles pour tenter de vous montrer le type d’homme qui se cachait derrière la face du conteur. Il était le défenseur des femmes, il voulait s’offrir un château pour héberger celles dont le cœur a été brise. Il a tenu à être enterré avec une tenue de paysan, rêve qu’on l’a aide à concrétiser. Lors de ses funérailles, il a porté une tenue carabella bleue, cousue par une femme. Tout ca peut vous donner une idée du personnage.

On présente Maurice Sixto comme un phénomène artistique. Etes-vous de cet avis ?

Le mot phénomène me fait sourire, car il me fait voir en lui quelqu’un de lourd, tandis que je cherche à le rendre léger.

Vous n’aviez pas peur de le perdre ?

L’artiste Maurice Sixto n’est pas à moi, mais a la communauté. Il attirait les femmes comme des mouches, qui l’appelait ‘’Uncle Maurice’’. Il portait un parfum de Guerlain qui les accrochait, mais je ne me suis jamais sentie menacée car comme il aimait le dire, j’étais son oasis. Maurice était mon ami, mon frère, mon amant et en dernier lieu, mon mari.

Dans quelle catégorie placez-vous les œuvres de Maurice ?

Maurice est un Molière haïtien. Il fait rire, mais pleurer aussi ceux qui lisent à travers les lignes de ses œuvres. Il ne voyait pas pourtant, ce fut un voyant, il prédisait ce que nous vivons aujourd’hui. La, je fais allusion a ses écrits tels : ‘’ la diplomatie se meurt, les ambassadeurs ont peur.’’

Maurice a uni les générations et les classes à travers ses écrits. Qu’est-ce qui lui a valu cette aisance ?

Il l’a fait sans préméditation, il a juste délivré … voilà ce qui fait de lui un artiste.

Quels sont les plans pour valoriser ses œuvres ?

J’aimerais que les œuvres et accessoires de mon mari soient placées dans un musée afin que tout le monde puisse les toucher, les voir.  Je crois que nous sommes sur la bonne voie.  Avec les efforts de Gertrude Séjour et l’équipe de la Fondation Maurice, je crois que sa mémoire, ses talents, ses œuvres franchiront l’éternité.

Avez-vous un mot à adresser aux lecteurs de Roroli ?

Merci à ceux qui ont soutenu Maurice avant, aujourd’hui et après.
Posté le 30 Mar 2008 par roroli  (www.roroli.com)

 


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Mise à jour le Mardi, 27 Avril 2010 16:26
 
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